E-Commerce : Nouveau modèle économique

e-commerce nouveau business model

Cinquante milliards de dollars : c’est le montant des transactions annuelles réalisées sur la plateforme Pinduoduo, l’équivalent chinois de Groupon. En quatre années d’existence, il a réussi à se faire une place entre Alibaba et JD.com, les deux mastodontes du marché de l’e-commerce en Chine. Cette formule d’achats groupés a construit sa renommée, mais c’est le côté
« social» qui a assuré son succès : en effet, Pinduoduo encourage ses clients à s’associer entre eux, avec amis et parents, pour décrocher des prix plus avantageux.

Ce nouveau modèle de business, basé sur une horizontalité relationnelle entre consommateurs et détaillants appartient à ce new retail, ce nouveau monde où la réalité de l’expérience du client doit être alignée avec le discours marketing de la marque ».

De fait, les interactions sociales quotidiennes des utilisateurs servent l’activité des distributeurs. Le social commerce est bien, dans le new retail, un accélérateur de business. « Cela s’explique par le fait que la Chine ayant fait l’impasse sur le desktop, le pouvoir du mobile rend les réseaux sociaux d’autant plus importants»,

LIVRAISON EXPRESS ET ABONNEMENT AU SERVICE DU NEW RETAIL

L’évolution très rapide du new retail se retrouve également dans la place accordée à la livraison express. C’est véritablement elle qui a disrupté le retail en Chine, où 18 % du commerce s’effectue en ligne. Un exemple marquant, celui d’Alibaba qui, lors du 11.11 Global Shopping Festival 2018, a livré son premier colis en… 12 minutes. Dans le commerce physique aussi, Alibaba excelle avec sa livraison en moins de 30 minutes depuis ses hypermarchés. Les employés remplissent les sacs avant de les hisser jusqu’à des crémaillères qui circulent au-dessus des rayons. Concrètement, il s’agit de magasins-entrepôts, dans lesquels les salariés font les courses pour les clients qui ont passé commande via l’application du magasin (ces achats
en ligne représentent plus de 50 % du chiffre d’affaires).Les sacs disparaissent ensuite derrière un mur, où leur contenu est conditionné pour être livré. Pour mettre en place ce process, Alibaba a beaucoup investi: on estime à 1,5 million de dollars le montant moyen pour équiper chaque établissement avec des racks logistiques. Ce concept de magasin-entrepôt ayant fait ses preuves, il s’est propagé au non-alimentaire. Même des acteurs français comme Decathlon procèdent désormais de cette façon en Chine. Mais ce modèle se développe également sous l’impulsion de l’abonnement.

Alors que le commerce en ligne se banalise, payer au coup par coup pour chaque livraison devient de moins en moins acceptable pour les consommateurs. S’acquitter d’un forfait annuel, en revanche, fait sens. Ils peuvent alors faire leur e-shopping librement, sans se soucier des frais supplémentaires, comme dans un magasin physique.

Selon une étude, 29% des consommateurs estiment qu’ils consommeront encore davantage par abonnement dans les deux prochaines années. En Chine, ce chiffre culmine à 53 %. Preuve s’il en est que le business model basé sur l’abonnement est en train de se généraliser.